dimanche 15 septembre 2019

Les bonnes bactéries de notre intestin: c’est quoi le microbiote?

Qu’est-ce que le microbiote intestinal?

Il n’y a pas si longtemps, on parlait encore de « flore intestinale ». La recherche a sérieusement avancé et désormais on parle de 100.000 milliards de micro-organismes qui peuplent nos intestins. C’est du sérieux, on ne les connait pas tous. Et pour ceux qu’on a étudiés, on ne sait pas avec précision quel est leur rôle complet. Grâce au séquençage avec des techniques avancées, on comprend mieux.

On sait que plus ce microbiote est riche et diversifié, mieux nos enfants et nous-mêmes nous nous portons bien. Mais ce microbiote s’appauvrit dans nos régions occidentales.

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Organe à part entière pesant…2 kgs !

Le microbiote intestinal est un organe à part entière, qui pèse 2 kg : plus que le cerveau (1,5 kg). Il est constitué de milliards de micro-organismes : bactéries (400 à 1 200 espèces, notamment des Firmicutes, Bacteroïdetes, Actinobacteries), champignons, protozoaires et de virus ; soit 3 millions de gènes environ (le métagénome, 150 fois plus important que le génome de l’hôte humain).

Le microbiote intestinal possède de nombreuses fonctions

  • développement de la muqueuse intestinale
  • maturation du système immunitaire
  • protection contre les pathogènes
  • aide à la digestion
  • synthèse de vitamines (K1, B12, B8)
  • métabolisme des xénobiotiques
  • accumulation et stockage d’énergie… L’intestin est d’ailleurs le premier organe lymphoïde de l’organisme (60 à 70 % des cellules immunitaires). On le nomme parfois deuxième cerveau, car il contient 100 millions de neurones.

Les causes de l’appauvrissement de notre microbiote:

  • La hausse du taux de césariennes: la formation de notre microbiote se constitue dès la naissance. Il n’y a qu’à voir l’aspect des selles d’un bébé qui vient de naître (selles dites méconiales qui sont une espèce de purée de poix sombre, parfois noire) qui va évoluer dans les jours qui suivent: c’est le microbiote qui se développe, toutes ces bonnes bactéries qui diffusent dès la rupture de la poche des eaux juste avant l’accouchement. Le bébé qui naît va ainsi être exposé à cette flore du vagin et de l’anus lorsqu’il sort par voie naturelle (par voie basse). Un bébé hélas né par césarienne n’aura pas ce contact désormais prouvé comme positif. Il y a perte de chance. C’est bien sûr un moindre mal quand on sait que la césarienne est faite pour sauver l’enfant et parfois la maman.
  • la baisse de l’allaitement: on ne le sait que trop. La reprise du travail précocement par certaines mamans, la peur d’avoir les seins déformés, etc. incitent certaines mamans à baisser les bras très vite et c’est dommage.
  • la mauvaise utilisation des antibiotiques : prescrits à mauvais escient quand ce n’est pas nécessaire ou si la molécule utilisée n’est pas la bonne. Elle va alors tout détruire sur son passage: les mauvaises ce qui est l’objectif, mais surtout les bonnes bactéries. On connait l’impact de certains antibiotiques qui donnent des diarrhées et où il faut prescrire de l’ultralevure. Dans certains pays comme les USA, un enfant reçoit en moyenne jusqu’à 20 cures d’antibiotiques avant d’atteindre l’âge de 20 ans. Ça fait réfléchir. Certes, les antibiotiques sont indispensables, mais ils doivent être donnés avec expérience. Et c’est là que l’expertise du pédiatre intervient.
  • accès à une nourriture de plus en plus industrielle par commodité (et par économie).

Quel est l’impact de cet appauvrissement de notre microbiote dans nos pays « riches » ?

On connait désormais l’impact de cette baisse du microbiote sur l’augmentation concomitante de pathologies dites « modernes » comme l’obésité, les maladies auto-immunes dont on parle de plus en plus, car mieux diagnostiquées, le stress, le diabète, la dépression, l’autisme, etc.

Que faire pour améliorer le microbiote intestinal de mon enfant ou d’un adulte?

  • utiliser les antibiotiques seulement quand il le faut
  • nourrir ces bonnes bactéries qui constituent le microbiote, avec des aliments qui vont leur être bénéfiques, par exemple des fibres solubles. On va les trouver dans les aliments suivants: pomme, haricot vert, lentille, orge, avoine, noix, lin, seigle, pois chiche, asperge, artichaut, banane, poireau, pomme de terre, sans oublier l’orange aussi. Les bactéries du microbiote vont provoquer une transformation de ces fibres en acides gras dits à chaîne courte qui auront des effets positifs: effet coupe-faim, effet anti-inflammatoire, augmentation des dépenses caloriques lors du repos, renforcement de la barrière intestinale (pour empêcher certaines toxines de passer vers le sang, comme par exemple les lipopolysaccharides qui favorisent le diabète). Attention cependant, certains enfants (et adultes) ne supportent pas une partie de ces aliments, voir avec le pédiatre.
  • prendre des probiotiques que l’on retrouve par exemple dans les yaourts, ou dans la levure de bière voire même dans le kéfir pour les adultes.(pas pour les enfants, car contient un peu d’alcool). Tous les probiotiques n’ont pas la même action. Leur efficacité éventuelle dépend de la souche, de la quantité administrée et du vecteur de cette administration. Seul le Lactobacillus reuteri , administré en prévention ou en traitement de nourrissons, nourris au semi, a pu faire la preuve à ce jour d’une « certaine » efficacité vis-à-vis des coliques du nourrisson. Donc prudence, ce n’est pas le remède miracle.

Un livre bien fait si vous voulez en savoir davantage:

Écrit par mes confrères le Dr Perlemuter, professeur en hépato-gastroentérologie à  l’Université Paris Sud et le Dr Anne-Marie  Cassard chargée de recherche INSERM Cliquez ICI

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Evolution de la vision chez les enfants

Premières semaines de vie

La maturation de la vision chez l’enfant se fait, au plan sensoriel comme au plan moteur (fonctionnement des muscles qui déplacent les yeux) pendant les dix premières années de la vie.

Période pendant laquelle la vision de nos chers petits est de plus en plus soumise à des stimulations artificielles (écrans ordinateurs, tablettes, téléphones, films 3D…).

L’oeil à la naissance mesure environ 17mm de longueur pour atteindre 23 mm à l’âge de 10 ans.

Le centre important de la vision (la macula) au centre de la rétine, se mature entre la naissance et l’âge de 4 ans.

La vision est estimée à 1/20 à la naissance pour atteindre son maximum 12 à 16/10 voire 20/10 après l’âge de 5 ans !

La vision des couleurs est mure à 4 ans.

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Bébé ne voit qu’en noir et blanc jusqu’à 6 semaines environ.

Puis apparaissent les couleurs primaires, vert, rouge.

Le contraste est le même que celui des adultes à 6 ans.

Et la vision du relief à 10 ans.

La vision chez bébé, c’est quelque chose qui se met en place progressivement, et même déjà avant la naissance

  • C’est le dernier sens à se développer
  • Les paupières restent fusionnées jusqu’à la 24esemaine (6mois)
  • Ensuite développement de la rétine et nerf optique
  • Dès 7 mois, réagit à une lumière forte dirigée vers le ventre de la maman
  • Son cœur bat plus vite si une source de lumière est introduite dans le col de l’utérus de la maman (pour amnioscopie par exemple, étude des chromosomes du foetus)
  • Le vrai développement se fait à la naissance

 Et dès la naissance, à peine sorti du ventre de sa maman ?

  • Certains bébés naissent les yeux ouverts= attention au scialytique= on baisse la lumière
  • Un bébé ouvre ses yeux davantage si semi-obscurité
  • Mais blépharospasme classique chez les bébés : tendance à avoir les paupières contractées
  • Mouvements parfois rapides des globes oculaires, déjà coordonnés= les bébés louchent souvent les premiers mois= surveillance simple.
  • Ne peut pas fixer quelque chose, regarde dans le vide, l’ouïe en alerte, tout est nouveau pour lui

 

Et dans les semaines qui suivent ?

  • Cellules au centre de la rétine se développent, ce sont les cônes
  • grâce à eux, il tolère plus de lumière, les pupilles peuvent s’élargir
  • il distingue une plus grande variation d’intensités lumineuses

 

Donc au début il distingue des lueurs, quand commence-t-il à voir des formes ?

  • C’est ce qu’on appelle l’acuité visuelle= la capacité à distinguer la forme et les détails des objets
  • Elle se met en place très progressivement
  • Au début les yeux ne fonctionnent pas ensemble
  • De même le cristallin ne s’ajuste pas bien
  • Les circuits nerveux pas encore murs
  • Un nouveau né voit un objet à 75 cm de lui, mais flou (mais net à 30 cm). Il voit surtout le contour des objets, il va regarder vos cheveux, une lueur sur le plafond

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Acuité visuelle, c’est aussi ce qu’on appelle le champ visuel?

  • Non, le champ visuel c’est son champ de vision « panoramique » en quelque sorte
  • Un adulte peut voir à 70° autour de lui en regardant devant lui, un bébé pas plus de 30°, puis 60° à 5 mois

 

Comment tout ceci progresse dans les semaines à venir ?

  • Il commence alors à balayer l’image avec ses yeux pour l’analyser
  • A 2 mois il fait la mise au point sur le visage d’une personne, cherche le regard des autres
  • Il mémorise
  • Son acuité visuelle progresse pour devenir comme celle de l’adulte à 2 ans.
  • Il faut déplacer les objets doucement devant lui, ne pas les approcher rapidement

 

Et les couleurs, c’est tout de suite au début ?

  • Ce sont les cônes qui permettent de voir les couleurs, donc pas de couleurs au début, ils doivent se développer 
  • A la naissance il distingue le pâle et le foncé
  • Vers 3 mois il perçoit les couleurs de base : d’abord le rouge et le vert ; les autres couleurs vers 5 mois
  • D’où l’importance d’utiliser au tout début des mobiles contrastés en noir et blanc (pas de couleur) : pour distinguer les contrastes et les contours, le pâle et le foncé.

 

Et comment on peut savoir s’il est daltonien ?

  • On perçoit en principe bleu, vert et rouge grâce aux cônes
  • Les daltoniens ne possèdent que les cônes pour bleu et vert= ne perçoivent que le bleu, le jaune et une teinte blanche ou grise
  • surtout les garçons (gène porté par chromosome X, récessif)= 8% des hommes sont porteurs !
  • le dépistage se fait dès la première visite médicale à l’école

 

Et la couleur définitive des yeux, c’est quand ?

  • à la naissance la plupart des BB ont les yeux bleus gris (pas de mélanine et lupofuscine sur l’iris de bébé= partie colorée)
  • il faut attendre vers 8/9 mois pour couleur définitive
  • mais pour les yeux bleus, attendre 18 mois

 

Et quand un nourrisson commence-t-il à apprécier les distances?

  • Vers 3 mois il suit des yeux l’objet qui se déplace devant lui
  • Vers 5 mois vision en 3D
  • Vers 9 mois commence à évaluer si objet est près ou loin

 

Comment peut-on stimuler sa vision ?

  • Avant 3 mois : placer son visage près du sien, bouger doucement, mobile noir et blanc, miroir près de la table à langer
  • 4-6 mois : imiter ses expressions, faire des mimiques, grimaces, gonfler les joues, objets de couleurs
  • 6-12 mois :
    • coucou le voilà
    • où est mon jouet
    • bulles de savon
    • remplir, vider, trier

Ce qu’il faut éviter

  • éviter la vision de près chez les enfants qui sont hypermétropes non corrigés (risque de fatigue visuelle)
  • attention aux nouvelles technologies 3D avant l’âge de 6 ans qui est déconseillée. Et usage modéré pour les enfants de moins de 13 ans.
  • ZÉRO ECRAN AVANT 3 ANS (tout écran confondu)
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The games industry shouldn’t be ripping off children | Geraldine Bedell

The young must be protected from being exploited by online platforms

Last week, MPs called on the government to classify online loot boxes as gambling and in the process highlighted a scandal: the $137.9bn (£110bn) gaming industry makes much of its profit by ripping off children. Young people are being nudged, enticed and coerced not only to carry on playing but also paying.

Loot boxes – mystery objects in virtual treasure chests that players pay to open – resemble nothing so much as a lottery. Gamers spent $30bn on them worldwide in 2018, a figure that has been predicted to rise to $50bn in the next five years.

For an insecure child, a cosmetic item that represents social cachet matters that much more

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samedi 14 septembre 2019

Quand le désir de vengeance nous ruine la vie… et la santé

Comment ne pas mourir d’amertume après avoir subi une grave injustice

Il arrive d’être victime d’injustice et d’éprouver un intense besoin de se venger mais de ne rien pouvoir faire.

On est alors submergé d’émotions violentes.

Nous imaginons que notre plus grande joie serait d’infliger mille tortures à notre ennemi.

Notre pire cauchemar, c’est de le voir rire, s’amuser, se moquer de nous !

Il ne faut pas rester dans cet état :

Une urgence médicale

En effet, cet état de désir de vengeance est désastreux pour notre santé.

Notre estomac se met à sécréter des substances corrosives.

La nuit, nous serrons les dents (bruxisme) ce qui abîme notre émail dentaire. Notre appétit diminue, notre digestion se complique. Le sommeil s’agite, la joie de vivre s’envole, la libido s’effondre.

La soif de vengeance peut aller jusqu’à l’hypertension, l’impuissance, la dépression et, dans les cas extrêmes, au cancer.

Il y a donc URGENCE MÉDICALE.

Et même s’il n’y a pas de maladie physique qui se déclenche, la personne qui a besoin de se venger mais qui ne peut rien faire, court un risque énorme de s’affaiblir, de se recroqueviller, de devenir craintive et de ne plus rien faire de sa vie, ce qui est une forme de mort intérieure terrible.

Comment sortir de cet enfer ?

Comment oublier notre “bourreau” et passer notre chemin, surtout s’il faut en plus accepter que “justice ne soit pas faite” ?

Etape n°1 : renoncer à croire qu’on peut “faire comprendre” à l’agresseur qu’il a mal agi

Ayant été agressé injustement, le premier réflexe est de vouloir s’expliquer avec son ennemi.

Lui faire comprendre qu’il a mal agi. Qu’il nous a fait mal. Que c’est vraiment méchant, et qu’il ne devrait pas recommencer.

A ce stade, je dis : “Attention, grand danger !

A partir du moment où la personne en face de vous est au courant que vous souffrez à cause d’elle, et que manifestement cela ne la fait pas changer, qu’elle ne vient pas s’excuser ni réparer ni chercher la moindre solution, que peut-être même elle redouble d’agressivité contre vous, il faut avoir le courage d’envisager que vous faire souffrir fait peut-être partie de ses objectifs.

Si tel est le cas, il ne faut surtout pas lui expliquer pourquoi, comment elle vous a fait mal.

Car elle pourrait s’emparer de ces informations précieuses et s’en servir contre vous. Si vous lui dites où elle vous fait souffrir, vous lui donnez la clé pour vous faire encore plus mal, et il y a fort à craindre qu’elle va s’en servir.

En l’absence, d’une démarche sincère de demande de pardon et de réparation, de volonté réelle de réconciliation, n’essayez pas d’expliquer à votre ennemi qu’il ne devrait pas vous maltraiter.

Acceptez, même si c’est dur, que vous avez un ennemi qui vous veut du mal. Il est très important d’apprendre à vivre avec cette certitude.

Cette première étape est longue, elle peut prendre des mois ou des années, car elle implique de reconnaître qu’il y a une part sombre dans l’Homme, ce qui difficile et douloureux, surtout pour les personnes bienveillantes qui n’éprouvent pas de sentiments mauvais pour les autres.

Ce travail d’acceptation ne sera jamais entièrement terminé, car le besoin de s’expliquer chez la victime viendra souvent la revisiter. Chaque fois, ce sera une lutte, pour se convaincre que cela ne sert à rien, et que cela ne peut qu’empirer les choses.

Il y a là un véritable deuil à faire, le deuil de l’image idéalisée que l’on se faisait de l’autre, et de l’Homme en général, où l’on imaginait qu’une telle méchanceté “n’était pas possible”.

Eh bien si, malheureusement, s’il y a bien une chose que l’Histoire nous enseigne, c’est que non seulement la méchanceté est possible, mais qu’elle ne semble avoir aucune limite.

Etape n°2 : essayer de ne plus éprouver de joie quand il arrive des malheurs à votre ennemi

La seconde étape est d’essayer de réduire notre sentiment de joie quand il arrive des malheurs à notre ennemi.

C’est une étape très importante de la libération émotionnelle.

Cas pratique :

Une femme bienveillante, fidèle, pleine de qualités, s’étant sacrifiée toute sa vie pour un mari égoïste et méchant, qu’elle s’est pourtant efforcée d’aimer et de pardonner en toutes occasions.

Un jour, le mari la quitte pour une autre, quinze ans plus jeune. Lors de la procédure de divorce, il multiplie les accusations fantaisistes contre sa première femme, prenant un plaisir visible à l’humilier pour la laisser sans le sous et lui faire porter la culpabilité. Par la suite, il s’amusera à poster sur Facebook des images radieuses montrant sa vie formidable avec sa nouvelle femme, pour accroître ses souffrances.

Pour la femme trahie, il est extrêmement difficile de ne pas éprouver une envie viscérale de se venger.

De tout son cœur, elle espère que les choses tourneront mal, le plus vite possible, avec la jeunette. Et à chaque “bonne nouvelle” – naissance, vacances réussies, achat de nouvelle maison, nouvelle voiture – est comme un poignard dans son cœur.

Il est impossible que cette femme cesse de souffrir alors qu’elle entend que son ex-mari vit la belle vie avec sa nouvelle femme.

Ce n’est donc pas par là qu’il faut commencer.

Mais il y a malgré tout quelque chose de très important à faire :

Il s’agit de travailler à éprouver moins de joie quand il arrive des malheurs à son ex-mari.

C’est là qu’elle peut engager le travail de libération émotionnelle, par exemple en se faisant les réflexions suivantes :

“ J’ai envie d’être heureuse, mais je veux un bonheur vrai, qui ne soit pas uniquement la joie malsaine que cela aille mal dans la vie de mon ex-mari. Je ne veux donc pas me contenter d’attendre qu’il lui arrive des malheurs, surtout que je sais que cela ne me provoque qu’une joie de courte durée. J’éviterai de me complaire là-dedans, je me détournerai au plus vite, j’essaierai d’oublier cette joie pour retourner à mes occupations positives, qui m’apportent un authentique bonheur durable.

Ce n’est que dans un second temps qu’elle parviendra aussi à éprouver moins de peine quand son mari reviendra la narguer avec ses « succès ».

Cependant, on s’en doute, cette stratégie ne suffit pas. Ce n’est qu’un premier pas. Un pansement d’urgence.

Pour se débarrasser véritablement de l’envie de vengeance qui nous enchaîne, il faut engager un traitement de fond.

C’est ce que nous allons voir maintenant :

Etape n°3 : comprendre que la personne qui nous a trahi n’a pas “gagné”

Reprenons l’histoire de cette femme.

Epouse modèle, elle a donc été humiliée, trompée, spoliée par son ex-mari.

Ce qui est évidemment horrible pour elle.

Mais faisons un pas de côté et essayons de juger de sa situation, maintenant.

Puisqu’elle était si bonne avec son mari, et lui si ingrat avec elle… Qui a gagné et qui a perdu dans l’affaire ?

  • Le mari a perdu une femme qui lui voulait du bien
  • La femme a perdu un mari exploiteur.

La réponse est évidente : c’est le mari qui a perdu. Sa trahison l’a privé d’une situation qui était avantageuse pour lui.

En la quittant, le mari s’est tiré une balle dans le pied. Il a perdu sa meilleure alliée. Bien sûr, il espère que sa nouvelle femme sera aussi bonne avec lui que la première. Mais rien n’est moins sûr, surtout si la première était exceptionnellement dévouée et patiente, comme elle semblait l’être.

Bien plus, cette tendance à nuire à sa propre bienfaitrice indique chez lui un grave manque de jugement. Dans la vie, il n’est pas si courant de rencontrer des personnes qui vous veulent du bien. S’il a été assez bête pour maltraiter sa première femme, au point de se priver de sa douceur et de sa patience, il y a toute probabilité qu’il fasse la même chose avec la prochaine, et d’ailleurs avec tout le monde. C’est donc un homme qui ne sait pas reconnaître ses alliés ! Pire, c’est un homme qui transforme ses meilleurs amis en ennemis.

Or, une personne assez folle pour s’aliéner les (rares) personnes qui lui veulent du bien finit forcément en catastrophe.

Le mari s’est puni lui-même. L’épouse trahie n’a pas besoin de chercher à se venger en plus, il s’en charge déjà tout seul !!

Un très long chemin

Une fois que la personne qui était rongée par le désir de vengeance parvient à :

  • Renoncer au besoin d’aller expliquer à son ennemi qu’il lui a fait mal ;
  • Contenir la joie qu’elle éprouve quand il arrive malheur à son ennemi ;
  • Comprendre que, dans les cas de trahison, c’est toujours le traître qui perd le plus, puisqu’il se prive du soutien d’une personne bienveillante,

Eh bien, une fois qu’elle a compris cela, ce qui est long et difficile, le travail n’est pas terminé.

En effet, le désir de justice en nous est si fort qu’il est très difficile de l’éteindre, tant que justice n’a pas été rendue officiellement, publiquement. Bref, tant que le méchant dans James Bond n’a pas été dévoré par les requins.

On peut maîtriser ce désir de vengeance, mais il va revenir se manifester régulièrement.

Chaque fois, il faudra se refaire tout le raisonnement, de A à Z, pour s’apaiser.

Le raisonnement, qui est dans la tête, met beaucoup de temps à “descendre” au fond de nous-même, dans nos tripes. Ce n’est que lorsque nous l’aurons complètement intégré, lorsqu’il nous paraîtra évident que c’est celui qui a trahi qui est le perdant, qu’on commence à aller mieux.

Ce qui peut prendre, des années.

Mais il y a heureusement, une voie de sortie qui peut se présenter à nous.

Une voie très étonnante, mais, pour la comprendre, je vous demande d’avance d’être très ouvert d’esprit.

Etape n’°4 : une voie de sortie pour se libérer plus vite

Il est courant, quand on ressasse des envies de vengeance, d’en appeler à une sorte de “justice céleste”, même si on n’y croit pas.

On espère que, malgré tout, il va se “passer quelque chose”.

Que le “Ciel” ne restera pas silencieux. Que le méchant ne restera pas impuni même si, selon toutes les apparences, il ne va pas payer pour ses crimes ici-bas.

Bref, allons droit au but, on se surprend à espérer, avec la naïveté d’un enfant, que l’enfer existe malgré tout, rien que pour le plaisir d’y voir rôtir l’autre personne !

Ces moments là sont extrêmement intéressants, et utiles sur le plan psychologique. Ils sont l’occasion de se libérer totalement.

En effet, ils sont une excellente occasion de se poser la question, très sérieusement, de savoir si, vraiment, nous aurions intérêt à ce que l’enfer existe.

Car, si l’enfer existe, sommes-nous absolument certain que seule l’autre personne s’y retrouvera ?

Autrement dit, sommes-nous absolument sûr que nous n’avons, de notre côté, jamais rien fait qui risquerait, ne serait-ce que sur un malentendu, de nous y conduire nous aussi ??

Ce qui change brutalement le tableau. Cela nous fait revenir sur la scène. Soudain, on parvient enfin à détourner le regard de notre ennemi, pour s’interroger sur soi, sur ce que l’on est en train de faire de notre propre vie.

On recommence enfin à être capable de réfléchir à nos propres torts éventuels, et plus uniquement à ceux de l’autre.

Je ne parle pas de nos torts dans cette dispute particulière. Il ne s’agit bien sûr pas de chercher chez la pauvre épouse trahie une quelconque responsabilité dans la méchanceté de son mari.

Non, je parle d’autres occasions dans notre vie, en dehors de ce conflit particulier. La question est : n’avons-nous par ailleurs absolument rien à nous reprocher ? N’y a-t-il pas d’autres situations où nous n’aurions pas été une victime innocente, et où nous aurions fait du tort, directement ou indirectement, à d’autres personnes ?

Une personne qui pourrait souffrir comme nous souffrons actuellement du tort qu’un autre nous a fait ?

Le fait d’ouvrir les yeux sur une autre réalité, la nôtre, qui seule nous concerne réellement, nous libère.

On se rend compte qu’on a perdu son temps à vouloir se venger. Que cette personne qui nous a trahi n’est qu’un cas parmi tous les êtres malfaisants qui existent, et qu’il est vraiment stupide et inutile de tout arrêter pour elle. On réalise qu’on s’est soi-même imposé un esclavage en faisant dépendre notre bonheur de son malheur, et vice versa.

C’est en réalisant cela que l’on sort de l’hypnose, on pourrait même dire de l’ensorcellement, de la vengeance.

C’est comme si les écailles nous tombaient des yeux. Soudain, on a l’impression de voir à nouveau.

On se rend compte qu’il y a des tas de choses à faire dans notre propre vie, que nous avions délaissées, et que c’est là que se trouve la véritable urgence.

Etape n°5 : La suprême récompense

Et c’est là qu’il arrive de recevoir la suprême récompense.

Cette suprême récompense, c’est de comprendre que cette personne qui nous avait “trahi” nous a en fait rendu service.

En nous révélant la vérité sur la relation malsaine que nous avions avec elle, elle nous a libéré, elle nous a donné la possibilité de vivre enfin notre propre vocation, et nous détacher d’elle.

Le fait qu’elle souffre, qu’elle paye, devient alors secondaire. Cela devient même, un jour, dérisoire.

Peu à peu, notre ennemi se présente moins souvent à notre conscience. Jusqu’au jour où l’on arrivera à éprouver des bouffées de joie et de reconnaissance en pensant à lui.

J’exagère ?

A peine. Ces bouffées de joie et de reconnaissance ne seront sans doute jamais constantes, ni même fréquentes. Mais elles peuvent se produire au moins de façon fugitive, cela arrive plus souvent qu’on ne le pense.

L’espace d’un instant, on entrevoit que, malgré toutes les blessures que notre ennemi nous a infligées, il a aussi contribué à nous révéler quelque chose de profondément positif, que très probablement nous n’aurions jamais découvert sans lui.

Encore une fois, je ne veux pas donner l’impression d’une naïveté ridicule, en prétendant que l’on peut bondir de joie en pensant aux trahisons.

L’idéal serait évidemment un monde où les traîtres seraient punis, et où leurs victimes n’auraient pas à se consumer des années en méditant une vengeance impossible.

Mais mon message est que, dans la nuit de la souffrance, il est possible de retrouver des éclairs de lumière et même de joie, et d’éviter de se rendre malade ou de mourir de tristesse.

Même si le chemin est compliqué, j’espère avoir un peu contribué à le défricher. N’hésitez pas à m’aider, et à aider les autres lecteurs de SNI, à aller plus loin, en partageant vos réflexions et éventuelles expériences, positives ou négatives, dans ce domaine.

A votre santé !

Jean-Marc

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Funding for councils' child addiction services slashed

Labour describes the cuts as ‘shameful and utterly counterproductive’

Help for children who are addicted to drink or drugs is being slashed in the latest round of cuts to public health services that ministers are imposing on councils.

Councils across England have made £2.4m of cuts to specialist drug and alcohol misuse services for children and young people this year. Spending is falling from £40.9m to £38.5m as part of steps taken by local authorities to cope with a £72m Whitehall cut to their public health grant.

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